Éduquer le discernement : l’enseignement des médias
Dans un contexte de surinformation, le moyen le plus efficace de garantir la sécurité est de stimuler l’esprit critique du destinataire. L’éducation aux médias, qui consiste à comprendre d’où vient un message et pourquoi il a été créé, n’est plus juste un projet scolaire, mais devient une nécessité pour tous les citoyens.
Comme certains jeunes l’ont dit : « Nous ne voulons pas qu’on nous dise que penser, nous voulons apprendre à réfléchir. » » Cette phrase résume l’importance de transformer notre approche de la communication : passer de la persuasion à l’autonomisation.
Pour nos communicateurs, cette difficulté se manifeste par l’incorporation de micro-pratiques d’éducation aux médias dans chaque article : expliquer la pertinence d’un chiffre, établir un lien avec le document original et considérer les limites des données. Il ne s’agit pas de convertir chaque publication en un manuel de vérification, mais plutôt de fournir de petits rappels de rigueur qui, cumulés, renforceront la demande collective.
Étude de cas : la campagne internationale #StopTheSpread de l’OMS
En mai 2020, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a lancé #StopTheSpread, un projet mondial fait avec le gouvernement britannique, pour lutter contre la propagation des fausses informations sur le COVID-19. La campagne encourageait les habitants à prendre du recul, à vérifier et à ne partager que des informations vérifiées, en offrant des instructions rapides pour signaler les contenus trompeurs sur chaque réseau social.
Au cours des trois premières semaines, la campagne a enregistré plus de 100 millions d’impressions dans 20 langues sur les canaux officiels de l’OMS, ainsi que ceux de ses partenaires médiatiques et des organisations locales.
D’après un rapport de l’OMS, plus de 70 % des personnes ont terminé les vidéos éducatives et l’utilisation des hashtags a triplé après la première diffusion, ce qui a encouragé les discussions sur la vérification des sources.
Après avoir vérifié les sources, malgré le soutien logistique et créatif du gouvernement britannique, la diffusion s’est étendue à l’échelle mondiale : l’OMS a adapté le matériel pour ses bureaux régionaux et l’a distribué aux ministères de la santé et aux ONG sur tous les continents, démontrant ainsi que l’éducation aux médias peut s’étendre rapidement lorsque des partenariats institutionnels sont formés.
Trois moyens de produire du sens et de la réflexion critique
Le passage du message à la signification se produit lorsque nous convertissons les principes en habitudes. Trois actions réalisées de façon constante changent les choses :
Cocréation précoce
Avant de mettre en ligne un contenu, exposez-le aux individus qui représentent votre véritable audience. Leurs questions, objections ou silences révéleront des nuances que l’équipe interne ne voit pas.
Des récits qui ouvrent des portes
Modifier la logique de l’histoire : au lieu de conclure par une conclusion inattaquable, finir par une question qui encourage le lecteur à poursuivre l’histoire. C’est dans cette zone d’incertitude que se développe le dialogue, ce qui accroît sa portée organique et son engagement qualitatif.
Transparence méthodique
Intégrez de brèves explications sur vos sources et vos processus de vérification dans n’importe quel contenu. Incluez des liens vers des outils de vérification des faits et prenez en compte les éventuels biais associés. Ces petits gestes méthodologiques renforcent la confiance et cultivent l’esprit critique.
Une invitation ouverte
Merci de m’avoir accompagné jusqu’ici : votre intérêt montre que vous partagez la vision d’une communication responsable et la conviction que communiquer, c’est avant tout permettre aux autres de construire leur propre sens.
Si chaque professionnel créait des moments d’échange plutôt que de se concentrer seulement sur les résultats, comment nos façons de travailler et l’effet de nos projets sur la société pourraient-ils évoluer ?
Je vous invite à réfléchir à l’avenir, dans des réunions citoyennes, des forums publics ou des espaces de coopération :
- Est-ce que je crée des opportunités de participation et de questionnement pour mon public ?
- Est-ce que je crée de la confiance, même si cela n’apparaît pas dans mes métriques ?
- Quel petit geste puis-je faire aujourd’hui pour que mon prochain contenu donne vraiment du pouvoir à mon public ?
La communication ne se limite pas à un message clair ; elle commence par le fait de comprendre les choses ensemble.
Si vous désirez approfondir ces idées et partager vos expériences, veuillez me contacter sur LinkedIn. Quelles méthodes avez-vous utilisées pour approcher un public de plus en plus hésitant ? Comment écoutez-vous et êtes-vous transparent dans votre travail chaque jour ?